07 novembre 2005

COMBIEN TU M'AIMES de Bertrand Blier. De la liberté...

Nous avons vu le dernier film de Blier samedi soir et me voilà heureusment réconcilié avec ce metteur en scène français faussement provocateur dont j'ai tant aimé les débuts (LES VALSEUSES ou BUFFET FROID, entre autres).

J'avoue avoir manqué les deux ou trois dernbiers épisodes (LES ACTEURS, notamment, fortement décrié) et m'en tiendrai donc à "suivre" l'avis des critiques positives qui accompagnent ce nouvel opus d'un cinéaste aussi controversé qu'inventif (et libre).

Difficile d'écrire sur cette oeuvre étrange qui étonne, bouleverse, émeut et provoque aussi le rire. Deux ou trois choses, quand même, avant que j'y revienne, éventuellement, plus tard.

- Le film annonce d'emblée son sujet et la séquence d'exposition y gagne en efficacité, projetant directement le spectateur dans le coeur du problème (dans tous les sens du termes, si l'on veut bien me êrmettre !), au niveau de l'écriture aussi bien que par le jeu des acteurs (Monica Bellucci et Bernard Campan sont immédiatement crédibles).

- Les mensonges, fantasmes, rêveries, fausses pistes sont gérés de manière épatante, tant du point de vue scénaristique que dans la mise en scène qui se sert notamment avec une belle intelligence de la lumière et de l'exposition des sujets à celle-ci.

- Les jeux nombreux (de plus en plus au fur et à mesure qu'avance le film, comme souvent chez Blier, pour "perdre" peu à peu le spectateur) sur les raccords de champ contre champ, loin d'être gratuits et systématiques comme c'est parfois le cas chez ce réalisateur comme chez tant d'autres, sont tout à fait convainquants et utilisés à bon escient.

- C'est unanime mais tout à fait vrai : les dialogues de Bertrand Blier sont formidables, cette fois, renouant avec son panache d'antan grâce à de très jolis moments de poésie, même, tel celui montrant Daniella l'italienne appeler François dans son lit par un "tu viendrais pas faire un tour en Italie?".

COMBIEN TU M'AIMES me semble, malgré la nécessité (et l'envie) d'y réfléchir sur le long terme, un film très intéressant, et pas si grand public qu'il veut s'en donner l'air... à moins que ce ne soit le contraire !

Complexe et paradoxal, comme son sujet, la Liberté, librement développé par un auteur libéré...

Posté par esprit critique à 09:32 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur COMBIEN TU M'AIMES de Bertrand Blier. De la liberté...

    Soulagement...

    Pour ma part, je considère, Bertrand Blier comme le plus grand metteur en scène du cinéma français. Son « Buffet froid » est sans doute ce qui s’est fait de plus original et de plus audacieux dans le cinéma français. « Les valseuses », représente une « nouvelle vague », encore bien plus forte que celle créée par Truffaut et Godard. Depardieu, Dewaere, Miou-Miou, Isabelle Huppert, c’est lui qui les a inventés. Son ton est très proche de celui d’Audiard, mais avec beaucoup plus de fond. Mais voilà, depuis le « dérapage » de « Mon homme », Blier avait peut-être perdu confiance et ne retrouvait plus sa magnifique particularité.

    Le nouveau Blier est vraiment un retour aux sources, comme une correction du manque de décalage de "Mon homme".

    « Combien tu m’aimes », c’est le grand retour du cynisme irrespectueux. Mélange de drame profond et de comédie burlesque, comme le font si bien les italiens et Blier en France. Mélange de profondeur et de légèreté où quand on ne sait jamais très bien si l’on doit rire ou pleurer.

    « Combien tu m’aimes », où le point de vue irrespectueux d’un artiste sur la femme. Est-ce que c’est choquant ? Mais bien sûr, et tant mieux. De plus, Blier fait en sorte qu’on ne puisse pas lire sa narration d’une seule façon, donc il est impossible d’en terminer un seul sens. Il n’existe pas de point de vue unique chez Blier. Voilà un cinéma complètement libre, qui s’amuse sans concession sur la nature humaine. Mépris, compassion, amour, haine, irrespect se multiplient et s’entrecroisent sans jamais donner plus d’importance à une notion plutôt qu’une autre, même si dans ce film-ci, c’est l’amour qui a le dernier mot.

    Posté par chrislynch, 02 décembre 2005 à 13:22 | | Répondre
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