02 novembre 2005

THE ISLAND de... de qui, déjà?!

J'ai oublié d'écrire aussi (acte manqué ?!) que nous sommes allés voir, il y a déjà quelques semaines, le merveilleux THE ISLAND (j'ironise, bien sûr).

En résumé, c'est un gros chou à la crème absolument écoeurant dont l'aspect extérieur, pourtant, (comme une première bouchée), promettait une saveur inédite. Pas de surprise, au final, pour cette grosse machine(rie) Hollywoodienne fabriquée par Michael Bay, un spécialiste, dont on rêverait presque (et presque seulement parce qu'il ne faut quand même pas exagérer non plus!) qu'elle fût écrite et mise ne scène plutôt par Andrew Niccol, le réalisateur de l'excellent (sans ironie, cette fois) GATTACA.

Le plan le plus marrant du film de Bay étant, à la toute fin, cette image magnifiquement symbolique (mais bêtement caricaturale) de l'ex méchant (mais faussement méchant car reconverti à la cause des clones parce qu'il les a senti aussi brimés que l'on été ses ancêtres blacks... si vous ne comprenez rien, ce n'est pas très grave, c'est plus le fou rire qui est involontairement généré ici que la véritable empathie ou la prise de conscience que le peuple noir a un jour été sérieusement opprimé), nouveau héros noir en haut d'une coline sur laquelle des milliers de petits hommes en blanc (la plupart blancs, aussi, d'ailleurs) se retrouvent libérés grâce à lui. La belle "image" d'une libération des blancs par un black pourrait être réellement forte si son traitement gauche et pathétique ne la rendait risible. Misérable...

Pas ou peu de second degré dans ce block buster sans âme dont les discours sur le clônage, l'identité et la place du cobaye dans l'expérimentation (inutile d'insister, je ne me lancerai pas dans l'analyse possible sur le parallèle entre ces cobayes clônes et la place du spectateur dans la chaîne des films à gros budget),  réflexions naissantes aux premières minutes, sont très vite écrasées par le rouleau compresseur de l'absence de finesse et de suggestion.

Reste une invention formidable à porter au crédit de Michael Bay : la-séquence-de-poursuite-faîtes-la-vous-même. Montrez au spectateur un tronçon de route à sens unique très peu fréquenté (et à double voie), placez-y vite fait une voiture blanche (dans laquelle sont les gentils, en blanc aussi, c'est plus simple à repérer) poursuivie par quatre ou cinq véhicules noirs (dans lesquels sont les méchants, personnages noirs en noir, quasiment, c'est plus simple à repérer) dont une moto volante (pour pimenter un peu), et un poid lourd transportant sur son plateau des essieux enchaînés et dont le chauffeur est tellement sourd, aveugle, idiot ou pressé (ou tout cela à la fois) qu'il en oubliera de freiner lorsque son chargement commencera à se déverser sur la route (et les méchantes voitures noires, par la même occasion, vous l'aurez compris sans même avoir vu le film). Montez le tout avec des mouffles (un plan toutes les deux secondes maxi, les yeux n'y verront que du feu) et donnez à regarder au spectateur. Il fera de lui-même (c'est magique!) les raccords de montage et la mise en relation des éléments (que vous aurez sciemment placés n'importe comment) pour en faire un tout cohérent avec un minimum de sens (les essieux tombent, les méchants perdent, les gentils s'en sortent, évidemment)!

Epatant.
Navrant, mais épatant...

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