09 août 2005

MYSTERIOUS SKIN, Araki s'assagit violemment!

J'avais pensé, j'avoue, à un autre jeu de mots pour titrer cette note courte, faute de temps, concernant MYSTERIOUS SKIN, le dernier (et excellent) film de Gregg Araki, déjà auteur du fabuleux THE DOOM GENERATION et de l'étrange NOWHERE, mais j'ai hésité. "ARAKI RIT" me semble trop facile, même si la double (voire triple) allusion s'impose avec évidence...

Car si Greg et moi sommes sortis de la séance, ce dimanche 7 août au soir, furieusement renversés, c'est un sacré bon moment qui nous a mis par terre, l'air de rien. J'écris ces mots du bout des doigts tant il doit paraître tortueux ou torturé d'assumer avoir passé un "sacré bon moment" avec un film dénonçant les abus sexuels sur enfants.

C'est que l'énergie folle portée par le film, dont le sujet ne peut pourtant guère échapper au spectateur dès le départ, parvient à en faire oublier la dureté... jusqu'à un certain point, cependant. Les contes de fée apparents, affleurant, nés de la même horreur pour deux garçons, ne peuvent pas exister. Et c'est dans les bras l'un de l'autre que peut naître autre chose.

Comment ne pas mal parler de ce film qui évoque aussi bien pédophilie, homosexualité, drogue et violence? Comment rapporter correctement le traitement fabuleux de Gregg Araki sur ces sujet scabreux et délicats, s'il en est, sans en passer, pour qui ne l'a pas vu, par des poncifs dangereux ou en usant d'a priori heureusement en cours mais défoncés par l'auteur dans cette pièce bizarre et unique, dont les deux protagonistes, le déjanté Neil et Brian l'introverti, garçons à la sexualité perturbée, se jouent du temps pour oublier, chacun à leur manière, l'un en s'enfonçant dans le sexe pur et l'autre en s'envolant vers un kidnapping extra terrestre, les abus dont ils onot été, quoiqu'ils en pensent, victimes?

Pas simple.

Le seul bémol émis (par moi) à la sortie du cinéma -mais dont j'ose à peine à présent dévoiler l'existence- était l'usage abusif, par moments, de fondus au noir, qui cassent le rythme d'un film déjà durement éprouvé par les aller-retours temporels. Mais cette seule retenue, à l'écriture des présentes lignes, semble vouloir s'effacer sagement. Le fondu au noir est un effet narratif en cinéma qui marque le passage d'un temps, le plus souvent raccourcissant celui-ci. Son usage excessif a pour conséquence de fragmenter l'histoire en une multitude d'éclats qui, dans le cas présent, s'avèrent justifiés.

Au final (et sans véritable argument, je l'assume pleinement), l'usage abusif de cet Araki-là est vivement recommandé, grâce aux rires loin d'être suicidaire (...)!

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